Le Prix Sévigné couronne le travail de Marie-Bénédicte Diethelm

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Le 8 mars 2017, au musée Eugène Delacroix à Paris, le prix Sévigné a couronné l’édition des Lettres de Alexandre de Humboldt à Claire de Duras. Cette correspondance inédite est préfacée par Marc Fumaroli de l’Académie française, présentée, établie et annotée par Marie-Bénédicte Diethelm, spécialiste de Balzac et de Chateaubriand. Marie-Bénédicte Diethelm est notamment l’éditrice des romans inédits de Mme de Duras, dont les manuscrits étaient demeurés introuvables depuis la mort de la duchesse: Olivier ou le Secret (in OurikaÉdouard et Olivier ou le Secret, Gallimard, coll. « Folio classique », 2007), Mémoires de Sophie suivi de Amélie et Pauline (Manucius, 2011).

Alexandre de Humboldt (1769-1859), né à Berlin, voyageur, géographe, naturaliste – de qui Chaptal disait qu’il possédait toutes les sciences –, passa plus de vingt ans de son existence à Paris. Il y rédigea et publia en français son Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent (30 volumes), après avoir parcouru la partie nord de l’Amérique espagnole de 1799 à 1804 en compagnie du botaniste Aimé Bonpland. Ami de Gay-Lussac, d’Arago, de Cuvier, de Prony, ferme partisan de Champollion, constant soutien du peintre François Gérard, le grand géographe (dont le génie va « presque au-delà des limites accessibles à une intelligence humaine ») est également accueilli avec enthousiasme dans les salons de Paris.
Adversaire déterminé de l’esclavage, Alexandre de Humboldt a noué des liens étroits d’amitié avec Claire de Duras – le futur auteur d’Ourika – dès 1814. Grande figure de la Restauration, la duchesse de Duras (1777-1828), fille d’Armand de Kersaint, girondin guillotiné en 1793, anime le salon le plus en vue de son époque. On y voit Chateaubriand, Mme de Staël, Talleyrand, Pozzo di Borgo, Wellington, Rostopchine, Abel-Rémusat, Lizst encore enfant… Si Chateaubriand est le grand amour platonique de Mme de Duras, qui le soutient dans toutes ses entreprises politiques et littéraires, Alexandre de Humboldt est celui dont l’amitié se révèle la plus sincère et la plus fidèle. Chateaubriand s’éloignera peu à peu, avant tout préoccupé de l’édification de sa propre statue.
À un lectorat qui n’est pas nécessairement familier d’Alexandre de Humboldt et de son œuvre, nous voudrions présenter le plus grand savant voyageur qui ait jamais vécu – selon Darwin – tel qu’il apparut aux cercles savants et mondains de Paris pendant le premier tiers du xix e siècle. Ses lettres à Claire de Duras, de leur rencontre à la mort de celle-ci le 16 janvier 1828, sont un témoignage éclatant de la réunion de deux intelligences, liées par la générosité, la grandeur, l’impartialité, à un moment historique singulier où « l’esprit français » rayonne sur l’Europe et le monde.

Alexandre de Humboldt
Lettres à Claire de Duras (1814-1828)
Correspondance inédite, présentée, établie et annotée par Marie-Bénédicte Diethelm
Préface de Marc Fumaroli de l’Académie française.
Éditions Manucius, mai 2016.

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