Musée Victor Hugo-Maison Vacquerie de Villequier

Conférence de Florence Naugrette :

« La visite de Hugo à une famille chinoise racontée par Juliette Drouet »
Samedi 21 avril à 16h, au Musée Victor Hugo-Maison Vacquerie de Villequier (Rives-en-Seine)                             Entrée du musée 5€ (tarif réduit 3€)

Le 30 mars 1852, Hugo exilé rendit visite à une famille chinoise, qui s’exposait dans les galeries Saint-Hubert à Bruxelles. Le marchand de thés cantonnais Chung-Ataï s’exhibait depuis l’année précédente dans les capitales européennes, exhibant sa famille sur le mode du zoo humain et du tableau vivant, pour la plus grande curiosité des badauds. Hugo et Juliette Drouet bénéficièrent d’une visite privée, grâce à un ami médecin, le Docteur Yvan. Dans le récit qu’elle fit de cette rencontre, Juliette commente les différences culturelles qui l’étonnent (l’opium), l’horrifient (les pieds atrophiés des femmes) ou l’enthousiasment (la beauté des coiffures et des tenues), et livre sur la condition des femmes chinoises des réflexions identificatoires.
http://www.museevictorhugo.fr/event/journee-internationale-de-la-langue-chinoise/

Invitation de Florence Naugrette

Vendredi 16 mars 2018
Dans le cadre du séminaire de Florence Naugrette « Théâtre et politique », vous êtes invités à assister à la conférence-entretien avec François Lecercle, Professeur émérite de Littérature Comparée à la Sorbonne, sur Religion et théâtrophobie. Il y sera notamment question du spectacle Tertullien à l’affiche au Théâtre de Poche Montparnasse.
Vendredi 16 mars, 16h-18h, en Sorbonne, Amphi Quinet, entrée par le 46 rue Saint-Jacques, 1er étage gauche.
Il est prudent de vous munir de cette invitation, ou de signaler votre présence à florence.naugrette@orange.fr (afin qu’elle laisse votre nom au vigile)

Jeudi 15 mars, 10-13h, Écrire au féminin

Le 15 mars, entre 10h et 13h, nous poursuivrons notre réflexion sur l’écriture au féminin

  • 10h-11h15 : Jean Delabroy nous parlera d’Annie Ernaux et de son livre Les années
  • 11h30-13h : À l’invitation de Françoise Spiess, auteure et universitaire, lecture de textes par Anne Steffens suivie d’une conférence de Belinda Cannone, romancière, essayiste et professeur de littérature comparée

     

     

     

Invitation de Florence Naugrette aux auditeurs des Matinées de la Littérature

Vous êtes conviés à assister, dans le cadre de mon séminaire de master « Théâtre et politique », à une rencontre sur Macbeth, avec Anne-Françoise Benhamou, dramaturge de Stéphane Braunschweig, et Daniel Loayza, traducteur de la pièce actuellement à l’affiche au Théâtre de l’Odéon.
La séance a lieu vendredi 23 février, de 16h à 18h, à la Sorbonne, Amphi Quinet (entrée 46 rue Saint-Jacques, au coin de la rue des Écoles, 1er étage gauche).
Munis de cette invitation à présenter au vigile, vous y serez les très bienvenus.
Bien cordialement,
Florence Naugrette

    florence-naugrette

15 février 2018 10-13h – Lydie Salvayre

Matinée exceptionnelle autour du travail de Lydie Salvayre (Goncourt 2014) :

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conférence de Jean Delabroy : écrire au féminin aujourd’hui

lecture de textes (Pas pleurer) par Rose-Mary d’Orros

Intervention de Lydie Salvayre

Vente des derniers livres de l’auteur par l’Écume des pages

Lieu : Cinéma Étoile Saint-Germain-des-Prés, 22 rue Guillaume Apollinaire 75006 Paris

tarif : 40€

Prolongations !

Après les six conférences du programme Ecrire au féminin, consacrées à la lente et forte émergence, entre XVIème et XXème siècles, de la voix des femmes en littérature, et à la triple question des  nécessités qui l’ont portée, des fictions qui l’ont figurée, des enjeux qui l’ont manifestée, nous avons plaisir à vous proposer, au titre de prolongations, trois rendez-vous supplémentaires, pour risquer l’enquête, du côté des expressions contemporaines.

Le 15 février 10h-13h : Lydie Salvayre, Pas pleurer (2014)

En présence de l’auteure, avec lectures de Rose-Mary d’Orros 

Bernanos in memoriam

La mère médiatrice

« Tombeau » pour la liberté, autrement dit le féminin

 

Le 15 mars 10h-13h : Annie Ernaux, Les Années (2008)

Documenter l’histoire des vies féminines

Une autobiographie historiographique

Passages et partages entre générations de femmes

 

Le 5 avril 10h-13h : Virginie Despentes, King Kong théorie (2006) et Vernon Subutex 1 (2015)

Extensions du domaine de la transformation

Chronique des luttes, agenda des causes

Sujets mutants des futurs hypothétiques

Attention : changement de programme

Jeudi prochain, 11 janvier, Jean Delabroy donnera 2 conférences successives :

9h30-11h : 1832. Georges Sand (conférence N°4)

11h30-13h : 1925. Virginia Woolf (conférence N°5)

jeudi 18 janvier

9h30-11h : Boris Lyon-Caen – Sartre/Camus : anatomie d’un dissensus.                Un théâtre de « situations »  (conférence N°4 initialement prévue le 11 janvier)

11h30-13h : Jean Delabroy – 1930. Colette (conférence N°6)

jeudi 25 janvier, Boris Lyon-Caen donnera ses 2 dernières conférences successivement

9h30-11h : Une œuvre « expérimentale » ? (conférence N°5)

11h30-13h : un geste « autobiographique » (conférence N°6)

Invitation au Carré Littéraire

Ce soir à partir de 18h, rencontre avec des écrivains, conférences et découverte de Walden, la forêt virtuelle et littéraire de Loïc Djian

18h30 : Jean-Michel Besnier – La littérature pour résister – CNL 53, rue de Verneuil

19h00 : Patrick Dandrey – La conversation des gens d’esprit dans le « noble faubourg » à l’âge classique – CNL 53, rue de Verneuil

20h00 : Charles Pépin – L’émotion esthétique – Galerie 1831, 6 rue de Lille

20h30 : Olivia Gazalé – Le mythe de la virilité – Galerie Chenel, 3 quai Voltaire

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Invitation au 1er Carré Littéraire

Les Mardis de la Philo sont heureux de vous inviter le 6 décembre prochain, entre 18h et 22h, à une déambulation littéraire dans le périmètre du Carré Rive Gauche, à la rencontre d’auteurs : Lydie Salvayre, Alice Ferney, Laurence Debray, Jean-Philippe Toussaint, Négar Djavadi, Kéthévane Davrichewy, Laurent Binet, Guillaume Poix, François Nelidov, Patrick Boucheron, Ali Zamir, Dominique Dyens, Raphaèle Bernard-Bacot, Alexandra Lapierre, Pauline Prévost-Marcilhacy, Philippe Courroux, Sophie Lemp, Édouard Dor, Aboubakr Chraïbi, Marie-Bénédicte Diethelm, Jean Delabroy, Massimo Nava, Lucile Gubler, Olivier Borst, Charles Pépin, Olivia Gazalé…

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Molière, à l’invitation de Florence Naugrette

Florence Naugrette invite les abonnés des Matinées de la Littérature à la retrouver au

COLLOQUE INTERNATIONAL
Si Molière m’était conté…
 
8, 9 et 10 novembre 2017
Université Paris-Sorbonne
Organisé par Georges Forestier, Florence Naugrette, Elodie Bénard et Marc Douguet.
Lieux : Université Paris-Sorbonne les 8 et 9 novembre
Maison de la Recherche les 9 et 10 novembre
Inscription gratuite et obligatoire avant le 6 novembre sur http://obvil.paris-sorbonne.fr/colloque-moliereUne pièce d’identité sera demandée à l’entrée.
 
Anecdotes, comédies dont Molière est le héros, romans, tableaux, films : la vie et l’œuvre de Molière sont génératrices d’histoires. La tentation de la fiction se manifeste dès les premiers textes qui lui sont consacrés, à commencer par les Nouvelles nouvelles (1663), où Donneau de Visé retrace le parcours fictif d’un auteur dont la réussite est bâtie sur la chance, l’absence de scrupules et des soutiens parmi les « gens de qualité » ou la Vie écrite par Grimarest (1705), « un des plus faux et des plus ennuyeux romans qui aient jamais paru », selon Jean-Baptiste Rousseau. Cette tendance s’accentue aux siècles suivants, où se développe le mythe moliéresque, relayé par les biographes et les critiques, mais aussi par les institutions culturelles, artistiques et scolaires.
Chercheurs et professionnels du théâtre évoqueront divers aspects de cette « mise-en-légende » de l’artiste, afin d’éclairer le rôle de la fiction dans la réception de Molière.
Vous trouverez l’affiche et le programme en pièces jointes.
Affiche

1er juin 18h – Maison de Chateaubriand

 

« Littérature des Images » ou « littérature des Idées » ?
Animée par Jacques-David Ebguy (Université Paris Diderot)

Le thème : « Littérature des idées » vs « Littérature des images » : formulée par Balzac, l’opposition, de Chateaubriand à George Sand, de Mme de Staël à Hugo, court tout au long du XIXe siècle. D’un côté, prolongeant le XVIIIe siècle philosophique, une littérature abstraite, une écriture sèche, analytique, orientée par la raison, de l’autre, une littérature des passions, du rêve, une écriture du lyrisme et de l’image. Faut-il « convaincre par la raison » ou « entraîner par l’imagination » ? Faut-il se méfier des outrances de l’imagination ou en célébrer le pouvoir d’éclairage, la force d’emportement ? Entre les deux voies, la littérature française – poésie, récit ou prose d’idées – oscille ou vise une forme de synthèse (les idées avec les visions).

Cette deuxième rencontre-débat se propose de préciser les termes de cette opposition, sur laquelle nous vivons encore, d’en suivre les manifestations dans notre modernité et d’en mesurer les enjeux à la fois esthétiques, philosophiques et idéologiques, dans un temps de démocratisation et de sécularisation.

Les intervenants :

Philippe Dufour, professeur de littérature française du XIXe siècle à l’Université de Tours, chercheur associé à l’Institut des textes et manuscrits du CNRS, est rédacteur en chef de la revue électronique flaubert.revues.org et a notamment publié Le Roman est un songe (Seuil, 2010), et La Littérature des images (La Baconnière, 2016). Il travaille désormais sur la façon dont le réalisme pense la démocratie.

Françoise Mélonio, professeur émérite de l’Université Paris IV-Sorbonne, ancienne directrice des études et de la scolarité de Sciences Po Paris, est spécialiste de Tocqueville et de l’Histoire intellectuelle et littéraire du XIXe siècle. Elle achève actuellement la publication des Œuvres complètes de Tocqueville (Gallimard) et participe à l’édition des œuvres de Benjamin Constant.

Informations pratiques : Jeudi 1er juin à 18h dans la bibliothèque de la Maison de Chateaubriand. Gratuit mais sur réservation au 01 55 52 13 00 ou reservations-chateaubriand@hauts-de-seine.fr

Le Prix Sévigné couronne le travail de Marie-Bénédicte Diethelm

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Le 8 mars 2017, au musée Eugène Delacroix à Paris, le prix Sévigné a couronné l’édition des Lettres de Alexandre de Humboldt à Claire de Duras. Cette correspondance inédite est préfacée par Marc Fumaroli de l’Académie française, présentée, établie et annotée par Marie-Bénédicte Diethelm, spécialiste de Balzac et de Chateaubriand. Marie-Bénédicte Diethelm est notamment l’éditrice des romans inédits de Mme de Duras, dont les manuscrits étaient demeurés introuvables depuis la mort de la duchesse: Olivier ou le Secret (in OurikaÉdouard et Olivier ou le Secret, Gallimard, coll. « Folio classique », 2007), Mémoires de Sophie suivi de Amélie et Pauline (Manucius, 2011).

Alexandre de Humboldt (1769-1859), né à Berlin, voyageur, géographe, naturaliste – de qui Chaptal disait qu’il possédait toutes les sciences –, passa plus de vingt ans de son existence à Paris. Il y rédigea et publia en français son Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent (30 volumes), après avoir parcouru la partie nord de l’Amérique espagnole de 1799 à 1804 en compagnie du botaniste Aimé Bonpland. Ami de Gay-Lussac, d’Arago, de Cuvier, de Prony, ferme partisan de Champollion, constant soutien du peintre François Gérard, le grand géographe (dont le génie va « presque au-delà des limites accessibles à une intelligence humaine ») est également accueilli avec enthousiasme dans les salons de Paris.
Adversaire déterminé de l’esclavage, Alexandre de Humboldt a noué des liens étroits d’amitié avec Claire de Duras – le futur auteur d’Ourika – dès 1814. Grande figure de la Restauration, la duchesse de Duras (1777-1828), fille d’Armand de Kersaint, girondin guillotiné en 1793, anime le salon le plus en vue de son époque. On y voit Chateaubriand, Mme de Staël, Talleyrand, Pozzo di Borgo, Wellington, Rostopchine, Abel-Rémusat, Lizst encore enfant… Si Chateaubriand est le grand amour platonique de Mme de Duras, qui le soutient dans toutes ses entreprises politiques et littéraires, Alexandre de Humboldt est celui dont l’amitié se révèle la plus sincère et la plus fidèle. Chateaubriand s’éloignera peu à peu, avant tout préoccupé de l’édification de sa propre statue.
À un lectorat qui n’est pas nécessairement familier d’Alexandre de Humboldt et de son œuvre, nous voudrions présenter le plus grand savant voyageur qui ait jamais vécu – selon Darwin – tel qu’il apparut aux cercles savants et mondains de Paris pendant le premier tiers du xix e siècle. Ses lettres à Claire de Duras, de leur rencontre à la mort de celle-ci le 16 janvier 1828, sont un témoignage éclatant de la réunion de deux intelligences, liées par la générosité, la grandeur, l’impartialité, à un moment historique singulier où « l’esprit français » rayonne sur l’Europe et le monde.

Alexandre de Humboldt
Lettres à Claire de Duras (1814-1828)
Correspondance inédite, présentée, établie et annotée par Marie-Bénédicte Diethelm
Préface de Marc Fumaroli de l’Académie française.
Éditions Manucius, mai 2016.

Hommage

Jeudi 19 janvier à partir de 12h30, les Cinémas Étoile rendront un dernier hommage à leur programmateur, brutalement disparu la semaine dernière.

Par conséquent, il n’y aura pas de pause entre les 2 conférences de la matinée. Jean Delabroy débutera son intervention à 11h pour la terminer à 12h25 afin que la salle soit entièrement libérée à 12h30 précises. Nous vous remercions pour votre compréhension

Au théâtre en ce moment:

La Chute d’Albert Camus

Adaptation de Catherine Camus et François Chaumette, mise en scène et avec Ivan Morane

Au théâtre du Lucernaire du 18 janvier au 4 mars 2017 à 19h

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Bérénice de Jean Racine

Mise en scène Jacques Osinski

Au théâtre de Suresnes du 24 au 28 février 2017

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Prix littéraires 2016

Après le Prix Nobel de littérature 2016 attribué à Bob Dylan     bob-dylan-1

Le Prix Médicis 2016 va à Yvan Jablonka pour Laetitia ou la fin des hommes (Seuil) qui a déjà reçu le Prix Transfuge du meilleur essai et le Prix littéraire du Monde
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Le prix Renaudot 2016 est décerné à Yasmina Reza pour Babylone (Flammarion)yasmina-reza

Leïla Slimani reçoit le Goncourt pour Chanson douce (Gallimard), son 2ème romanleila-slimani

 

Lettres à Ysé de Paul Claudel, lecture par Daniel Mesguich

Lettres à Ysé. Daniel Mesguich lit Claudel
Lecture présentée par Didier Alexandre et Florence Naugrette
Jeudi 9 mai 2019, 18h30
1 heure 

Ysé et Prouhèze, héroïnes de Partage de midi et du Soulier de satin, ont pour modèle Rosalie Vetch, femme mariée et déjà mère que Claudel a « passionnément aimée », et qui joua dans sa vie « tout le rôle qu’une femme pouvait y jouer ». Rencontrée sur un bateau pour la Chine en 1900, elle lui fait découvrir l’amour. De leur liaison de 4 ans naît une fille. Du contact repris en 1917 jusqu’à la mort de Rosalie en 1951, il nous reste la trace des lettres que lui écrivit Claudel, publiées en 2017 par Gérald Antoine chez GallimardService Culturel de Paris Sorbonne et Centre d’Étude de la Langue et des Littératures françaises (CELLF)

Gratuit sur inscription obligatoire : http://www.culture-sorbonne.fr/agendaculturel/evenements/lettres-a-yse
Amphi Richelieu (accessible aux personnes à mobilité réduite)
17, rue de la Sorbonne 75005 PARIS 

Invitation de Florence Naugrette

Dans le cadre du séminaire d’élèves de l’ENS « La Voix d’un texte », Florence Naugrette et Nicolas Lormeau vous invitent  et seront heureux de vous retrouver à leur conférence-lecture sur Hernani, lundi 8 avril 2019, 45 rue d’Ulm, salle Dussane, de 20h30 à 22h.Ce séminaire est ouvert aux élèves de lycée et à leurs professeurs, et aux étudiants.La réservation, gratuite, est obligatoire, à cette adresse: lavoixduntexte@gmail.com

Hommage à Jean Starobinski

Les siècles de Jean Starobinski (1920-2018)

Par Martin Rueff, Poète et critique, titulaire de la chaire de littérature française du 18ème siècle de l’université de Genève qui fut celle de Jean Starobinski — 8 mars 2019 à 16:55

Martin Rueff retrace l’apport du «plus grand critique littéraire de langue française au XXe siècle», qui avait renouvelé la connaissance du XVIIIe, siècle de la raison et de la joie, de l’émancipation par le gai savoir et les plaisirs partagés.

  • Les siècles de Jean Starobinski (1920-2018)

Tribune. Si elle nous prend toujours de court, la mort de nos doyens, à laquelle leur grand âge semblait nous préparer, nous laisse pourtant incrédules. Après tout, ceux qui approchent la durée d’un siècle, ne les croyons-nous pas un peu immortels (1) ? Et s’il y avait longtemps que nous redoutions d’avoir à dire adieu à Jean Starobinski, nous avions fini, comme baignés de la douceur rieuse de son œil vivant, par nous défaire de la crainte de sa mort. Aussi nous surprend-elle un peu malgré tout.

Il avait atteint l’extrême jeunesse des classiques. Parmi les quatorze définitions qu’il donne du «classique», Italo Calvino, que Starobinski commenta si bien (2), peut dire successivement : «Est classique ce qui tend à reléguer l’actualité au rang de rumeur de fond, sans pour autant éteindre cette rumeur» et «est classique ce qui persiste comme rumeur de fond, là même où l’actualité la plus éloignée règne en maître». A ce titre, Jean Starobinski est deux fois classique. Lui qui avait si longtemps et si constamment participé aux forces supérieures, pour citer la lettre de Marina Tsvetaïeva à Boris Pasternak quand elle apprit la mort de Rilke, il a fini par en devenir une. Comment mesurer aujourd’hui cette force douce et persistante ?

Critique et clinique

Les mots manqueront longtemps pour dire le sens de cette disparition. Avec Jean Starobinski, c’est un siècle de vie littéraire et intellectuelle qui prend fin – et peut-être même la notion de siècle de vie littéraire et intellectuelle. Mieux qu’aucun autre, il pouvait reprendre la formule de Térence dont D’Alembert et Voltaire avaient fait la devise des Lumières : «Homo sum et humani nihil a me alienum puto», «je suis homme et je considère qu’il n’est rien d’humain qui me soit étranger». Convergent ici un savoir de l’homme et un savoir pour l’homme. Starobinski fit sienne cette conviction que le savoir émancipe. Et, comme les grands génies du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle, il savait tout.

L’enfance confinée à Genève, l’élève surdoué, l’homme aux trois carrières – le musicien précoce, le médecin, l’écrivain critique : la légende de Jean Starobinski a retenu ce parcours d’exception. Critique et clinique : Jean Starobinski fut médecin (il exerça la psychiatrie) et écrivain critique. De Diderot, il disait qu’il se serait fait un ami, mais qu’il aurait aimé avoir Rousseau comme patient. La critique thématique, l’histoire des idées, la critique stylistique, le séjour à Baltimore qui les conjoint : ces épisodes relèvent d’une histoire intellectuelle faite de rencontres et d’influences. Elle reste en partie à écrire. La correspondance de Jean Starobinski permettra de mesurer ces échanges avec les plus grands philosophes (Merleau-Ponty, Weil mais aussi Canguilhem et Foucault), les plus grands écrivains de son siècle (Camus, Char, Bonnefoy, mais aussi Calvino), les plus grands critiques enfin (ceux de l’école de Genève, Raymond, Rousset mais aussi Genette, Contini ou Barthes).

Son œuvre considérable compte une trentaine de livres et plus de 800 articles. Il avait le génie des titres. Il a renouvelé la connaissance de Rousseau (la Transparence et l’obstacle, 1957, est un classique de la littérature du XXe siècle), changé notre regard sur le XVIIIe siècle (avec l’Invention de la liberté, 1964 ; 1789. Les emblèmes de la Raison, 1973 ; le Remède dans le mal. Critique et légitimation de l’artifice à l’âge des Lumières, 1989). Il a offert nombre d’études décisives sur des grands auteurs : Montaigne (Montaigne en mouvement, 1982), Baudelaire (la Mélancolie au miroir, 1990), Diderot (Diderot, un diable de ramage, 2012). On lui doit des contributions décisives sur l’histoire de la médecine (l’Encre de la mélancolie, 2012 et le Corps et ses raisons, à paraître en 2020). Mais il a aussi doté quiconque se voue à la critique d’études précieuses aussi fines que rigoureuses – des bréviaires que chérissent les étudiants de sciences humaines (la Relation critique, 1970 et 2000). Ses écrits sur les arts ont été réunis récemment dans la Beauté du monde, la littérature et les arts (2016).

Jouir des œuvres

Jean Starobinski fut et resta critique. Critique littéraire. Beaucoup avant lui avaient aimé dire leur amour pour la littérature et beaucoup ont continué à le faire après lui, mais peu le firent aussi résolument, aussi délibérément, et, il faut le dire, aussi innocemment – si par innocence on veut dire que jamais Jean Starobinski ne douta de l’importance de la littérature et de l’importance corrélative du geste qui consistait à dire cette importance. Non que Jean Starobinski n’ait aiguisé, au fil du temps et des méthodes, sa «relation critique» qu’il a su décrire avec soin et force et générosité. Mais cette lecture professionnelle ne valut jamais pour elle-même, ni pour établir un système où brillerait la virtuosité combinatoire de taxinomies et de nomenclatures abstraites : elle sut se mettre au service des œuvres à la défense desquelles il resta attaché. Structuralisme, thématisme, stylistique furent conviés à la table du critique qui choisit ce qui permettait de servir les œuvres.

Le lecteur s’impatiente : mais qu’est-ce que la critique et, de surcroît, la critique littéraire ? Il faut lui répondre. L’exercice de la critique naît d’une conviction : l’intelligibilité et sensibilité ne sont pas incompatibles. Il y a une intelligence du sensible (du sens se trouve investi dans les formes) et une sensibilité de l’intelligence (on pense aux délicates architectures de Bach ou de Mallarmé) et elles sont interdépendantes. L’amateur éclairé jouit mieux de comprendre. Il jouit mieux et il sait mieux pourquoi il jouit. Il ne faudrait pas avoir à dire que la critique n’est pas un intellectualisme, encore moins un snobisme – c’est le discours de l’homme éclairé éclairant – car celle-ci rend les conditions de la jouissance esthétique proprement démocratiques. Son geste est de partage. C’est le critique qui m’explique ma jouissance esthétique. Il la situe, la fait comprendre, la restitue et quand il la situe, qu’il la fait comprendre et qu’il la restitue, il la redouble, lui offre sa nouvelle profondeur. Entourés de livres qui nous disent comment mieux vivre, comment être soi, comment sauver notre couple ou parler avec notre chien en mangeant de l’ananas, ne négligeons pas les livres qui nous disent combien jouir des œuvres des hommes – des petits monuments par lesquels ils ont voulu signifier leur passage sur terre. Car ces signes, fussent-ils des riens au regard de la très longue histoire du monde, ne sont pas rien. La fonction sociale des critiques devrait s’en trouver évidente – en pratiquant un art de l’empathie et de la distance, ils nous rendent d’un coup plus intelligents et plus sensibles, plus critiques aussi. Ceux qui leur refusent ces prérogatives devront dire un jour les motivations politiques qui les animent. Car si on reproche à des passionnés de rendre les gens plus intelligents et plus sensibles, n’est-ce pas parce qu’on préférerait qu’ils soient moins intelligents et moins sensibles ? Il faudra un jour qu’on nous explique ce qui se cache derrière cette haine de la critique.

Parce qu’il a maintenu tout au long de sa longue activité la triple exigence de relier l’intelligible et le sensible, d’attester du passage des œuvres et de les soumettre au jugement de sa compétence critique, attentif au passé parce qu’inquiet du présent et soucieux du futur, Jean Starobinski aura été le plus grand critique littéraire de langue française au XXe siècle.

L’urgence du poème

Empathie et distance ? C’est le geste du critique, mais aussi le sens de la critique au sens que dégagèrent les Lumières. Car si le XVIIIe siècle fut bien «le siècle de la critique», cela tient sans nul doute à cette alliance nouvelle que les Lumières ont scellée, dans leur combat pour la tolérance et pour une humanité plus libre : l’alliance d’un scepticisme théorique et d’une sympathie morale. Au XVIIIe siècle, se rapporter aux faits humains et tenter de les comprendre, c’est d’abord les interpréter depuis un double mouvement : critique et empathique. Cette participation distanciée, cette alliance de distance et d’appartenance, fournit le modèle de toute compréhension selon Jean Starobinski. Il y eut plusieurs XVIIIe siècles et sans doute notre XXIe siècle n’est-il, à force de ne pas savoir les démêler, qu’un de ces XVIIIe siècles mal refermés, peuplé d’oppositions schématiques et de dialectiques paresseuses. Sans doute alors, pour sortir du XVIIIe siècle et entrer dans le XXIe siècle faut-il entendre mieux les questions du XVIIIe siècle sans y chercher mécaniquement des réponses. C’est à cela que Jean Starobinski s’est attelé : «Tout au long du siècle, l’idée de liberté est mise en expérience à la fois dans le caprice abusif et dans la protestation contre les abus […] les hommes des Lumières ont résolu de ne plus obéir à une loi étrangère ; ils veulent être autonomes, majeurs éduqués et civilisés, soumis à une loi qu’ils perçoivent et reconnaissent en eux-mêmes.»

Cet intellectuel éclairé n’associait pas la critique au malheur de la désillusion et au désenchantement. Son XVIIIe siècle est celui de la critique et de la fête, de la raison et de la joie, de l’émancipation par le gai savoir et les plaisirs partagés. Ce n’est pas la dialectique des Lumières que dénoncent Adorno, Horkheimer et Lacan qui associaient hâtivement Kant et Sade. Son XVIIIe siècle est celui de Rousseau («La substance de la fête, son véritable objet, c’est l’ouverture des cœurs»), de Montesquieu («La modération telle que Montesquieu la pratique, n’est pas une vertu de rétrécissement. C’est tout au contraire l’attitude qui rend possible la plus vaste ouverture sur le monde et le plus large accueil»), de Diderot («Diderot ne peut qu’aimer une philosophie qui fait cas de l’objet singulier, du détail inattendu, de l’accident apparemment irrégulier»), de Tiepolo et de Guardi, des ombrages de Watteau et des instants de Fragonard, du génie de Chardin et des portraits de Greuze. C’est aussi celui du style de la volonté, des rêves urbains et de l’utopie, des cauchemars de la raison peints par Goya, des cérémonies mystérieuses et joyeuses de Mozart. D’un de ses XVIIIe siècles, Jean Starobinski sut écrire qu’il voyait dans la poésie et les arts «l’impérieuse domination de la passion». C’est parce qu’on ne saisit pas combien la passion de la langue anime le XVIIIe siècle qu’on s’étonne qu’un spécialiste des Lumières ait été un critique si attentif à la poésie (admirateur de Baudelaire et de Valéry, il fut proche de Jouve, de Bonnefoy et de Jaccottet mais aussi de Michaux et de Deguy). Il sut dire l’urgence du poème face à l’incendie des événements (3). Un XVIIIe siècle ouvert sur les passions, la sensibilité et le poème, qui l’eût cru ? Il y a plusieurs XVIIIe siècles chez Jean Starobinski et c’est pourquoi il faut revenir à lui qui a connu tant de XXe siècles.

(1) Jean Starobinski est né en 1920. Son premier texte critique date de 1942, son dernier de 2016.

(2) «Italo Calvino : l’allègement narratif» [1996], la Beauté du monde, Paris, Gallimard, «Quarto», 2016, p. 987.

(3) «C’est l’honneur de la poésie qu’elle soit la dernière possession de l’homme après qu’on lui a tout arraché, qu’elle soit radicalement liée à cette espérance et à cette angoisse fondamentales qui persistent en l’homme tant que le souffle persiste, et que ses justifications se confondent avec les justifications de toute vie. Ce qui est plus, l’acte poétique, lorsqu’il ouvre sur une aventure et un risque pléniers, aura le pouvoir de restituer l’homme à son destin, – à un destin où, à vrai dire, rien n’est apaisé, rien n’est pour lui résolu d’avance, mais où il éprouvera du moins comme une responsabilité et comme une sommation le seul fait de sa présence en face de l’incendie et de l’écroulement.» Ce texte est extrait de la recension de Porche à la nuit des saints de Pierre Jean Jouve, in Suisse contemporaine, Lausanne, n° 3, 1942, p. 247-251. Il est repris dans la Poésie et la guerre, 1942-1944, 1999, Genève, Zoé, p. 21-27. C’était le premier texte de Jean Starobinski. Il avait 22 ans.


Derniers ouvrages parus : Foudroyante pitié, (Paris, Mimésis, 2018) et A coups redoublés, anthropologie des passions et doctrine de l’expression chez Jean-Jacques Rousseau (Paris, Mimésis, 2018).Martin Rueff Poète et critique, titulaire de la chaire de littérature française du 18ème siècle de l’université de Genève qui fut celle de Jean Starobinski

En avant-première de notre saison 2019-2020, découvrez Agathe Novak-Lechevalier parlant de Michel Houellebcq dans l’émission stupéfiant!

Nos conférences reprendront le jeudi 3 octobre à 9h30

Agathe Novak-Lechevalier donnera un cycle consacré à l’œuvre de Michel Houellebecq. Vous pouvez la découvrir évoquant l’homme dans l’émission Stupéfiant!

Le lien vers l’émission:

https://www.france.tv/france-2/stupefiant/stupefiant-saison-3/930873-l-interview-d-agathe-novak-lechevalier-et-francois-samuelson.html