Molière, à l’invitation de Florence Naugrette

Florence Naugrette invite les abonnés des Matinées de la Littérature à la retrouver au

COLLOQUE INTERNATIONAL
Si Molière m’était conté…
 
8, 9 et 10 novembre 2017
Université Paris-Sorbonne
Organisé par Georges Forestier, Florence Naugrette, Elodie Bénard et Marc Douguet.
Lieux : Université Paris-Sorbonne les 8 et 9 novembre
Maison de la Recherche les 9 et 10 novembre
Inscription gratuite et obligatoire avant le 6 novembre sur http://obvil.paris-sorbonne.fr/colloque-moliereUne pièce d’identité sera demandée à l’entrée.
 
Anecdotes, comédies dont Molière est le héros, romans, tableaux, films : la vie et l’œuvre de Molière sont génératrices d’histoires. La tentation de la fiction se manifeste dès les premiers textes qui lui sont consacrés, à commencer par les Nouvelles nouvelles (1663), où Donneau de Visé retrace le parcours fictif d’un auteur dont la réussite est bâtie sur la chance, l’absence de scrupules et des soutiens parmi les « gens de qualité » ou la Vie écrite par Grimarest (1705), « un des plus faux et des plus ennuyeux romans qui aient jamais paru », selon Jean-Baptiste Rousseau. Cette tendance s’accentue aux siècles suivants, où se développe le mythe moliéresque, relayé par les biographes et les critiques, mais aussi par les institutions culturelles, artistiques et scolaires.
Chercheurs et professionnels du théâtre évoqueront divers aspects de cette « mise-en-légende » de l’artiste, afin d’éclairer le rôle de la fiction dans la réception de Molière.
Vous trouverez l’affiche et le programme en pièces jointes.
Affiche

1er juin 18h – Maison de Chateaubriand

 

« Littérature des Images » ou « littérature des Idées » ?
Animée par Jacques-David Ebguy (Université Paris Diderot)

Le thème : « Littérature des idées » vs « Littérature des images » : formulée par Balzac, l’opposition, de Chateaubriand à George Sand, de Mme de Staël à Hugo, court tout au long du XIXe siècle. D’un côté, prolongeant le XVIIIe siècle philosophique, une littérature abstraite, une écriture sèche, analytique, orientée par la raison, de l’autre, une littérature des passions, du rêve, une écriture du lyrisme et de l’image. Faut-il « convaincre par la raison » ou « entraîner par l’imagination » ? Faut-il se méfier des outrances de l’imagination ou en célébrer le pouvoir d’éclairage, la force d’emportement ? Entre les deux voies, la littérature française – poésie, récit ou prose d’idées – oscille ou vise une forme de synthèse (les idées avec les visions).

Cette deuxième rencontre-débat se propose de préciser les termes de cette opposition, sur laquelle nous vivons encore, d’en suivre les manifestations dans notre modernité et d’en mesurer les enjeux à la fois esthétiques, philosophiques et idéologiques, dans un temps de démocratisation et de sécularisation.

Les intervenants :

Philippe Dufour, professeur de littérature française du XIXe siècle à l’Université de Tours, chercheur associé à l’Institut des textes et manuscrits du CNRS, est rédacteur en chef de la revue électronique flaubert.revues.org et a notamment publié Le Roman est un songe (Seuil, 2010), et La Littérature des images (La Baconnière, 2016). Il travaille désormais sur la façon dont le réalisme pense la démocratie.

Françoise Mélonio, professeur émérite de l’Université Paris IV-Sorbonne, ancienne directrice des études et de la scolarité de Sciences Po Paris, est spécialiste de Tocqueville et de l’Histoire intellectuelle et littéraire du XIXe siècle. Elle achève actuellement la publication des Œuvres complètes de Tocqueville (Gallimard) et participe à l’édition des œuvres de Benjamin Constant.

Informations pratiques : Jeudi 1er juin à 18h dans la bibliothèque de la Maison de Chateaubriand. Gratuit mais sur réservation au 01 55 52 13 00 ou reservations-chateaubriand@hauts-de-seine.fr

Le Prix Sévigné couronne le travail de Marie-Bénédicte Diethelm

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Le 8 mars 2017, au musée Eugène Delacroix à Paris, le prix Sévigné a couronné l’édition des Lettres de Alexandre de Humboldt à Claire de Duras. Cette correspondance inédite est préfacée par Marc Fumaroli de l’Académie française, présentée, établie et annotée par Marie-Bénédicte Diethelm, spécialiste de Balzac et de Chateaubriand. Marie-Bénédicte Diethelm est notamment l’éditrice des romans inédits de Mme de Duras, dont les manuscrits étaient demeurés introuvables depuis la mort de la duchesse: Olivier ou le Secret (in OurikaÉdouard et Olivier ou le Secret, Gallimard, coll. « Folio classique », 2007), Mémoires de Sophie suivi de Amélie et Pauline (Manucius, 2011).

Alexandre de Humboldt (1769-1859), né à Berlin, voyageur, géographe, naturaliste – de qui Chaptal disait qu’il possédait toutes les sciences –, passa plus de vingt ans de son existence à Paris. Il y rédigea et publia en français son Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent (30 volumes), après avoir parcouru la partie nord de l’Amérique espagnole de 1799 à 1804 en compagnie du botaniste Aimé Bonpland. Ami de Gay-Lussac, d’Arago, de Cuvier, de Prony, ferme partisan de Champollion, constant soutien du peintre François Gérard, le grand géographe (dont le génie va « presque au-delà des limites accessibles à une intelligence humaine ») est également accueilli avec enthousiasme dans les salons de Paris.
Adversaire déterminé de l’esclavage, Alexandre de Humboldt a noué des liens étroits d’amitié avec Claire de Duras – le futur auteur d’Ourika – dès 1814. Grande figure de la Restauration, la duchesse de Duras (1777-1828), fille d’Armand de Kersaint, girondin guillotiné en 1793, anime le salon le plus en vue de son époque. On y voit Chateaubriand, Mme de Staël, Talleyrand, Pozzo di Borgo, Wellington, Rostopchine, Abel-Rémusat, Lizst encore enfant… Si Chateaubriand est le grand amour platonique de Mme de Duras, qui le soutient dans toutes ses entreprises politiques et littéraires, Alexandre de Humboldt est celui dont l’amitié se révèle la plus sincère et la plus fidèle. Chateaubriand s’éloignera peu à peu, avant tout préoccupé de l’édification de sa propre statue.
À un lectorat qui n’est pas nécessairement familier d’Alexandre de Humboldt et de son œuvre, nous voudrions présenter le plus grand savant voyageur qui ait jamais vécu – selon Darwin – tel qu’il apparut aux cercles savants et mondains de Paris pendant le premier tiers du xix e siècle. Ses lettres à Claire de Duras, de leur rencontre à la mort de celle-ci le 16 janvier 1828, sont un témoignage éclatant de la réunion de deux intelligences, liées par la générosité, la grandeur, l’impartialité, à un moment historique singulier où « l’esprit français » rayonne sur l’Europe et le monde.

Alexandre de Humboldt
Lettres à Claire de Duras (1814-1828)
Correspondance inédite, présentée, établie et annotée par Marie-Bénédicte Diethelm
Préface de Marc Fumaroli de l’Académie française.
Éditions Manucius, mai 2016.

Au théâtre en ce moment:

La Chute d’Albert Camus

Adaptation de Catherine Camus et François Chaumette, mise en scène et avec Ivan Morane

Au théâtre du Lucernaire du 18 janvier au 4 mars 2017 à 19h

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Bérénice de Jean Racine

Mise en scène Jacques Osinski

Au théâtre de Suresnes du 24 au 28 février 2017

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